S'élever pas bien haut peut être, mais tout seul !

samedi 28 mai 2011

Pour une philosophie d'utilité publique.

La première pierre qui nous mènera au modèle libéral d’encadrement des savoirs a été posée. En apparence, on pourrait voir dans l’arrivée de ce master pro une attention bienveillante au devenir des étudiants. Et il y a incontestablement de cela. Car il faut du courage dans l’immobilisme de la Sorbonne pour tenter de répondre à la précarité étudiante et à l’absence de débouchés. Mais l’enfer est
pavé de bonnes intentions. Plus des libertés seront accordées dans le cadre économique actuel, plus celles-ci seront encadrées. Cela a un coût pour la pensée. Il est certes trop tôt pour émettre un jugement pertinent sur cette expérience qui n’a même pas encore produit sa première promotion. Mais il n’est pas non plus trop tard pour proposer des alternatives crédibles.

travail n’a pas pour objectif le questionnement.Car le problème de fond consiste à accorder une theoria avec une praxis. Le master pro selon nous sacrifie la theoria au profit de la praxis. Le cadre n’est pas le philosophe, et la division intellectuelle du De plus, d’un point de vue pratique, il semble peu stratégique à la Sorbonne de se lancer dans une concurrence -d’avance perdue- avec des établissements du supérieur spécialisés et réputés pour la formation de cadres ou de spécialistes du développement durable. Que d’efforts pour produire du même.

La Sorbonne, si elle veut entrer en concurrence avec les autres institutions de l’enseignement supérieur, doit le faire en proposant ce qu’aucune autre institution ne peut proposer. Or, quel est ce joyau? La réponse se fait par défaut: l’absence de formatage et par conséquence la voie ouverte à la créativité. Que ce soit science po ou les écoles de commerce, toutes ces institutions s’efforcent de mettre l’individu au service de l‘entreprise. Au contraire à la Sorbonne, le manque radical d’encadrement peut s’avérer une opportunité. Cette sur cette liberté encore indéfinie qu’il faut affirmer la spécificité de l’enseignement philosophique. C’est parce que nous ne produisons pas du même que nous pouvons trouver une solution à la question des débouchés, car tout ce qui est difficile est beau autant que rare. D’autre part, ce qui permet de conserver la cohérence entre une theoria et une praxis tout en proposant une solution au problème de l‘absence de débouchés et de la précarité étudiante, c’est la notion d’utilité publique. Or, dans quels domaines une telle notion permet d’engager des activités rémunératrices? On a envie de répondre toutes celles qui dans leurs structures supposent une réciprocité entre l’individu et la société. Le philosophe se met au service de la société, mais en même temps qu’une telle fonction lui est allouée, c’est aussi la société qui se met à son service. L’aventure que nous proposons devra donc entraîner une transformation globale de la façon dont nous approchons les recherches étudiantes et des rapports de la philosophie à l’espace public.

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