- Nous aimerions (on peut rêver) que le corps professoral soit amené à produire comme nous une déclaration d'intentions, concernant le rôle qu'ils accordent à la pédagogie (arrêt ou revivification du projet des Modernes, université libérale ou relancement du projet méritocratique et égalitaire, le citoyen agrégé contre l'agent du marché). Cela suppose une définition de la philosophie institutionnelle qu'il n'est pas à nous de produire et que nous ne parvenons pas encore aujourd'hui à identifier.
- Nous souhaitons pouvoir auto gérer la bibliothèque plusieurs soirs par semaine de sorte de pouvoir prolonger les horaires d'ouverture de 17h à 22H.
- Nous voulons utiliser la bibliothèque comme un lieu de réunion, afin de pouvoir développer dans le cadre d'une association que nous souhaitons créer des réflexions sur notre pratique philosophique, et la production de recherches étudiantes sur tout ce que nous estimons impensé dans la formation que nous recevons. Très prochainement, nous envisageons d'organiser une réflexion comparative sur les pratiques et les modes d'enseignement de la philosophie dans les universités horsfrontières.
- Nous ne sommes pas satisfaits de la formation actuelle qui renforce les inégalités de capital culturel, il faudra un jour revenir sur cette non distinction propre à Paris 1, où TD et cours magistraux sont confondus de sorte à annuler la place de l'étudiant dans le processus d'apprentissage.
- Nous nous posons la question de savoir si la substitution des partiels par de colossaux mini-mémoires vont contribuer à nous préparer au 8h de dissertation des épreuves d'agrégation. Les années de Master servent elles à préparer l'agreg ou l'année de préparation suffit-elle?
- Nous aimerions que le problème des chaises et des tables soit définitivement réglé, de sorte que la dignité de l'élève et du professeur soit restaurée. Si cette situation de tiers monde venait à persister nous envisageons d'aller nous servir de chaises au jardin du Luxembourg.
- Nous voudrions qu'une réflexion soit amorcée sur le conflit sous jacent entre les valeurs de la république, et le monde du marché. La question du Master Pro doit être affrontée sans lâcheté, et avec des compromis définis.
1. La création d’un master 2
Nous souhaitons la création d’un master 2 qui associe au travail de recherche une participation de l’étudiant à des associations. Leur l’objectif sera de permettre à l’étudiant de proposer de façon plus audacieuse des travaux de recherche philosophiques plus en lien avec la société civile. Ce master 2 devra constituer une opportunité pour ceux qui présentent un projet construit de mener un travail
philosophique intégrant des enjeux actuels.
2. Les formes de travaux demandés:
Il s’agit de favoriser le caractère créatif de l’individu. C’est cette place accordée à l’individu et à sa créativité qui le distinguera le philosophe du cadre. On pourrait très bien imaginer un travail de recherche en deux parties: l’une historique sur un philosophe; l’autre sous la forme d’une enquête en lien avec l’auteur. L’expérience pratique doit ainsi permettre :
-de lire un auteur avec des enjeux individuels ou sociaux renouvelés et réactualisés
-de rendre intelligible une situation sociale/politique
-de supprimer les barrières entre le monde du savoir et celui du travail
-de montrer que rien n’est étranger à la philosophie.
-de se distinguer du sociologue en exposant des conflits de valeurs
Quelques exemples bateaux:: un travail sur Marx pourrait très bien être complété par une expérience en usine. Ou encore une étude sur la pitié chez Nietzsche peut être prolongée par un stage dans des ONG. De même qu’une recherche sur la bio-politique et l’anatomo-politique foucaldiennes peut prendre toute son actualité après un passage dans un centre de rétention des sans-papiers. Ces exemples n’ont qu’une valeur indicative. L’objectif de ce master 2 étant de favoriser la spontanéité.
3. La question des moyens:
Il est certain qu’une telle aventure suppose un minimum de moyens: une salle, des
ordinateurs, des subventions minimales en fonction des projets. Nous savons que la Sorbonne ne dispose pas de moyens. Nous discuterons ultérieurement des modèles économiques que nous pourrions mettre en place pour rendre pérenne une telle entreprise. Néanmoins, un lieu de sociabilité serait indispensable. Ce master 2 a vocation à mutualiser les connaissances et les expériences.
4. La formation mutuelle :
IL serait profitable à tous que l’expérience de chacun puisse enrichir autrui. La réalisation de certains projets devra parfois nécessiter différents supports : audio, filmiques, photographiques, etc… Les talents individuels peuvent et doivent mener à être communiqués.
Ce que nous ne voulons pas
- Une absence de réponse est une réponse.
- Des prises de positions personnelles qui permettraient à certains de faire jouer l'horizontalité des structures pour se déresponsabiliser dans le fonctionnement et le devenir de l'institution philosophique à l'université.
- Pas de prises de position qui consisteraient à nous expliquer la complexité des processus administratifs, cela signifierait pour nous un simple manque de volonté.
- Que nos objectifs comme des revendications syndicales. Nos objectifs ne sont pas ceux de syndicats qui revendiqueraient plus de moyens mais consiste à essayer de penser comment faire mieux avec ce que l'on a.